Milord est parti


En ce temps-là, on pouvait arriver de nulle part, avec sa gueule de métèque et croiser un Georges Brassens, au café, chez son amie et l’aborder. Il n’y avait pas de star system, de paparazzi, on fichait la paix aux artistes et aux vedettes, il n’y avait pas de buzz, de Twitter, ou autre chose, on pouvait discuter sans un manager et un service de sécurité.

Un Georges Moustaki a pu rencontrer des artistes, composer pour eux et lancer sa carrière.

Maintenant, même pour un festival, il faut un laisser-passer…

Je salue donc l’étranger venu en France composer ses textes et chansons qui restent dans notre patrimoine musical dont Milord

 
« Allez, venez, Milord! Vous asseoir à ma table; Il fait si froid, dehors, Ici c’est confortable. Laissez-vous faire, Milord Et prenez bien vos aises, Vos peines sur mon coeur Et vos pieds sur une chaise Je vous connais, Milord, Vous ne m’avez jamais vue Je ne suis qu’une fille du port, Qu’une ombre de la rue… Pourtant je vous ai frôlé Quand vous passiez hier, Vous n’étiez pas peu fier, Dame! Le ciel vous comblait: Votre foulard de soie Flottant sur vos épaules, Vous aviez le beau rôle, On aurait dit le roi… Vous marchiez en vainqueur Au bras d’une demoiselle Mon Dieu!… Qu’elle était belle… J’en ai froid dans le coeur… Allez, venez, Milord! Vous asseoir à ma table; Il fait si froid, dehors, Ici c’est confortable. Laissez-vous faire, Milord, Et prenez bien vos aises, Vos peines sur mon coeur Et vos pieds sur une chaise Je vous connais, Milord, Vous ne m’avez jamais vue Je ne suis qu’une fille du port Qu’une ombre de la rue… Dire qu’il suffit parfois Qu’il y ait un navire Pour que tout se déchire Quand le navire s’en va… Il emmenait avec lui La douce aux yeux si tendres Qui n’a pas su comprendre Qu’elle brisait votre vie L’amour, ça fait pleurer Comme quoi l’existence Ça vous donne toutes les chances Pour les reprendre après… Allez, venez, Milord! Vous avez l’air d’un môme! Laissez-vous faire, Milord, Venez dans mon royaume: Je soigne les remords, Je chante la romance, Je chante les milords Qui n’ont pas eu de chance! Regardez-moi, Milord, Vous ne m’avez jamais vue… …Mais vous pleurez, Milord? Ça je l’aurais jamais cru! Eh ben, voyons, Milord! Souriez-moi, Milord! …Mieux que ça! Un petit effort… Voilà, c’est ça! Allez, riez, Milord! Allez, chantez, Milord! La-la-la… Mais oui, dansez, Milord! La-la-la… Bravo Milord! La-la-la… Encore Milord!… La-la-la… »

 

Adieu, l’artiste!

 

 

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Ecrire


On ne choisit pas d’écrire, on aime ça. C’est quelque chose qui apparaît tôt , qui s’empare de l’esprit et  de ce qu’on pourrait appeler un petit supplément d’âme. Nos pensées viennent, on commence par un crayon, certains dessinent, d’autres écrivent. J’ai appris le dessin, la peinture, jamais je n’ai été très bonne, j’aimais cela un peu comme une évasion éphémère. Je me lassais dès que les choses complexes arrivaient.

Par contre, je ne me suis jamais lassée d’écrire. Un besoin faisant noircir des pages, maintenant inscrivant des caractères sur un écran. On ne prévoit pas d’écrire, ce n’est pas un vrai métier, ce n’est même pas un vrai talent, comme le serait celui de l’ébéniste, du sculpteur, ou de n’importe lequel des métiers manuels dont nous avons besoin encore. Il n’y a rien de noble dans tout cela. Rien d’exaltant, vraiment.Juste voir ses pensées s’étaler dans l’encre ou les pixels, se dérouler dans une atmosphère douce ou indignée, amusante, vivante, les voir se matérialiser, se dérouler, trouver un rythme, une mélodie.

La mélodie…Rien ne doit s’écrire sans une respiration, un rythme, une musicalité. Elle doit être naturelle, chaque phrase a besoin de pouvoir être prononcée dans l’espace de notre vision intérieure, comme si on se retrouvait au sein d’une pièce où chaque syllabe pourrait retentir comme la note intime d’une impression fugace, les mots pourraient alors s’envoler, se façonner dans un son, simplement exister…

Bien entendu qu’on écrit pour être lu, qu’on écrit pour rencontrer d’autres pensées, d’autres mots, d’autres intellects et univers, de ceux des autres, ceux qui sont exogènes. De cette attente naît le plaisir du partage parfois. Il naît quelquefois une estime, une reconnaissance, ce qu’on appelle un public très pudiquement. Mais on ne choisit pas ses lecteurs, on ne choisit pas si oui ou non, on peut finalement avoir quelque talent.

Souvent, d’ailleurs ce sont ses détracteurs les plus féroces et les plus acharnés qui vous reconnaissent le mieux, puisqu’ils semblent fascinés malgré eux par les bouts de phonèmes et de syntaxes qu’ils ne peuvent s’empêcher de lire, tout en se défendant d’aimer votre style. Vous taxant d’insolence et de maltraitance vis-à-vis d’une langue qu’ils aimeraient maîtriser, et dans le même temps vous reprochant de ne pas avoir assez de cervelle pour faire justement ce qui les heurte en même temps…
Mais en fin de compte , cela n’est que broutilles, vanités, le feu des critiques finit toujours par s’éteindre, il n’en reste que des braises charbonneuses, qui se désagrègent.

L’important est dans l’écriture, juste dans l’élaboration, puis dans le partage qui permet de toucher un autre, plusieurs autres…qui n’auraient sans doute pas le même goût pour l’écriture que vous, qui se lasseraient à ciseler un texte comme vous le faites avec plaisir,  ce qui vous est devenu naturel au fil du temps.

Écrire…Tout le reste n’est rien. Tout le reste importe peu quand on aime écrire…Là est la différence entre ceux qu’on aime lire et les autres…

les tâcherons, les besogneux, dont les écrits ressemblent plus à un gâteau en plâtre crémeux et écœurant d’un mauvais pâtissier, à des murs de torchis d’un mauvais maçon, qu’aux œuvres d’un artisan honnête qui a apprécié de rénover une maison pour qu’une famille s’y sente bien, ou d’un chef qui veut faire la plus exquise pièce-montée pour un des plus beaux jours de la vie de ses clients…

Ceux-là se mirent dans la contemplation de leurs œuvres et se gonflent au moindre compliment, qu’il soit sincère ou non, clientéliste ou pas. Ceux-là plaident la fausse modestie afin d’excuser leur manque d’aptitude. Les exemples ne manquent guère.

Mieux vaut n’importe quelle autre personne qui ose, qui fait des fautes, qui maltraite un peu la grammaire, mais qui veut transmettre autre chose qu’un narcissisme exacerbé et blessé, celui qui ne se prend pas la tête, faisant de l’écriture un outil pour ses idées afin que ceux qui le  lisent y trouvent des réactions à leurs propres interrogations, qui ne se prend pas la tête avec une coquille, parce que la médiocrité n’a jamais été dans une faute de français, elle l’est ou pas à cause de la qualité de celui qui la commet, bien trop souvent…

Quand aux vrais écrivains, aux auteurs de renom, cela est une autre Histoire…