Le chat sur le balcon de bois

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Les lavoirs d’antan


C’est beau, un lavoir, il y en a presque dans tous les villages de ma Franche-comté natale.

 Ils sont en pierre blanche, en calcaire, taillés dans la roche, le toucher est doux, quasi sensuel.

J’aime ces bâtis souvent surplombés d’un auvent en bois, aux larges poutres habillées de tuiles.

Nous y avons joué en groupes, à sauter d’un bord à l’autre, souvent, on se retrouvait les pieds dans l’eau,  au milieu d’une eau parfois courante, parfois stagnante par abandon des femmes d’autrefois qui amenaient les draps qu’elles étrillaient à la cendre pour les blanchir, par tout temps.

Souvent, les lavoirs sont en pleine forêt, dans mon village, il faut descendre un chemin en contrebas. L’atmosphère y est presque féérique, abritée par les sous-bois, d’une intemporalité rare. Le lavoir apparaît alors comme un carrefour vivace entre les générations qui s’y sont succédées en s’éreintant et l’enfant du pays qui vient y retrouver ses racines. On peut sans peine y fermer les yeux et se laisser imprégner par les chuchotements de l’eau, ainsi que des mille craquements des ombres bienveillantes qui nous viennent du passé et de la forêt millénaire…

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Cela peut paraître peut-être dérisoire et étrange à des urbains, des personnes qui n’ont pas ces attaches paysannes et terriennes. Mais c’est un héritage qui nous lie en fait, entre comtois et jurassiens, nous qui n’avons pas oublié d’où nous venons, qui avons eu la chance d’écouter un ancien ou une ancienne nous raconter leur vie d’avant.

J’aime ces lavoirs d’antan et j’aime aussi ceux de ma région d’adoption, en Haute-Savoie, j’y retrouve la même magie, y compris dans ceux qui ont été érigés en monuments, soignés, décorés de fleurs, même ceux où les vaches viennent, en traversant les routes et semant la pagaille devant les voitures qui s’accommodent de leurs pas si tranquille, s’abreuver comme si ce n’était qu’une fontaine géante comme une autre…

sources de certaines images: http://www.lavoirs.org/affiche_lavoirs.php?code=74

Les Quais de Genève


 

il y a des cygnes, de l’eau, une rivière: c’est le Rhône que vous voyez-là, qui s’apprête dans quelques kms à passer en France, il a déjà traversé le Léman et y laisse apparaître un couloir bleuté différent quand il coupe les eaux du Lac.

Des cygnes, il y en a partout, des rives suisses aux françaises…des oiseaux différents, protégés, tranquille.

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Rappelle-toi, Barbara


 

Barbara

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-la
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselante
Sous la pluie

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t’ai croisé rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même

Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-la
N’oublie pas

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Un homme sous un porche s’abritait
Et il a crie ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie

Et tu t’es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m’en veux pas si je te tutoie
Je dis as tous ceux que j’aime
Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
Je dis tu a tous ceux qui s’aiment
Même si je ne les connais pas

Rappelle-toi Barbara
N’oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l’arsenal
Sur le bateau d’Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement

Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Mais ce n’est plus pareil et tout est abimé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée

Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Jacques Prévert, Paroles