Un arbre se dessine nu dans l’hiver


Un arbre : j’aime les branches qui tissent à chaque fois des arabesques, des volutes et des lignes renouvelées, lignes épurées de l’hiver, nudité du dessin, du mouvement, beauté de la vie qui se trace un chemin, immobile pour les yeux, parfois mélancoliques, parfois juste incroyablement beau:

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Les lavoirs d’antan


C’est beau, un lavoir, il y en a presque dans tous les villages de ma Franche-comté natale.

 Ils sont en pierre blanche, en calcaire, taillés dans la roche, le toucher est doux, quasi sensuel.

J’aime ces bâtis souvent surplombés d’un auvent en bois, aux larges poutres habillées de tuiles.

Nous y avons joué en groupes, à sauter d’un bord à l’autre, souvent, on se retrouvait les pieds dans l’eau,  au milieu d’une eau parfois courante, parfois stagnante par abandon des femmes d’autrefois qui amenaient les draps qu’elles étrillaient à la cendre pour les blanchir, par tout temps.

Souvent, les lavoirs sont en pleine forêt, dans mon village, il faut descendre un chemin en contrebas. L’atmosphère y est presque féérique, abritée par les sous-bois, d’une intemporalité rare. Le lavoir apparaît alors comme un carrefour vivace entre les générations qui s’y sont succédées en s’éreintant et l’enfant du pays qui vient y retrouver ses racines. On peut sans peine y fermer les yeux et se laisser imprégner par les chuchotements de l’eau, ainsi que des mille craquements des ombres bienveillantes qui nous viennent du passé et de la forêt millénaire…

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Cela peut paraître peut-être dérisoire et étrange à des urbains, des personnes qui n’ont pas ces attaches paysannes et terriennes. Mais c’est un héritage qui nous lie en fait, entre comtois et jurassiens, nous qui n’avons pas oublié d’où nous venons, qui avons eu la chance d’écouter un ancien ou une ancienne nous raconter leur vie d’avant.

J’aime ces lavoirs d’antan et j’aime aussi ceux de ma région d’adoption, en Haute-Savoie, j’y retrouve la même magie, y compris dans ceux qui ont été érigés en monuments, soignés, décorés de fleurs, même ceux où les vaches viennent, en traversant les routes et semant la pagaille devant les voitures qui s’accommodent de leurs pas si tranquille, s’abreuver comme si ce n’était qu’une fontaine géante comme une autre…

sources de certaines images: http://www.lavoirs.org/affiche_lavoirs.php?code=74